Une odeur de gaz dans une maison, un appartement, une cuisine ou près d’une citerne doit toujours être traitée comme une urgence. Le gaz naturel est normalement inodore et incolore, mais une odeur artificielle lui est ajoutée en France pour rendre les fuites repérables, souvent une senteur de soufre ou d’œuf pourri, liée notamment au tétrahydrothiophène (THT). Pour le propane et le butane, l’odeur peut aussi être renforcée par des composés soufrés comme le mercaptan.
Le risque n’est pas théorique. Selon le ministère de l’Écologie, il se produirait en France en moyenne 2 accidents liés au gaz par semaine. Une fuite peut provoquer une intoxication, un incendie ou une explosion. La bonne réaction consiste donc à agir vite, dans le bon ordre, sans chercher à vérifier seul l’origine du problème.
| Situation | Action immédiate | À éviter absolument |
|---|---|---|
| Odeur de gaz dans le logement | Aérer, couper le gaz si possible, sortir | Allumer une lumière, utiliser un téléphone sur place |
| Odeur près d’un appareil de cuisson | Vérifier qu’il est éteint, fermer le robinet de gaz | Tester la fuite soi-même |
| Odeur dehors ou près d’une citerne | S’éloigner puis appeler le service d’urgence | Rester près de la zone avec un appareil électronique |
| Symptômes physiques, vertiges, nausées | Quitter les lieux et appeler le 112 ou le service d’urgence | Retourner dans le bâtiment trop tôt |
Que faire dès qu’une odeur de gaz apparaît
Dès les premières secondes, le bon réflexe est de rester calme et d’appliquer des consignes simples. Même en cas de doute, il faut considérer qu’il peut s’agir d’une fuite réelle.
- Ouvrir les fenêtres et les portes pour ventiler
- Fermer l’arrivée de gaz si cela se fait sans danger
- Vérifier que les appareils à gaz sont arrêtés
- Quitter les lieux rapidement
- Appeler le bon numéro d’urgence depuis l’extérieur
Ouvrir les fenêtres et aérer immédiatement
La première action à faire est d’aérer largement le logement. Le gaz naturel se dissipe rapidement dans l’air, ce qui réduit la concentration présente dans la pièce. D’après des données de Garanka, le gaz devient détectable par l’odorat vers 1 % de concentration dans l’air, alors que le risque d’explosion peut apparaître à partir de 5 %.
Ouvrir les fenêtres sans manipuler d’appareils électriques permet de limiter le danger immédiatement. Cette ventilation doit être faite sans attendre, même si l’odeur semble faible.

Couper l’arrivée de gaz si cela peut se faire sans danger
Si le robinet d’arrivée générale ou le robinet de l’appareil est accessible sans prendre de risque, il faut le fermer. Cela peut stopper une fuite liée à un appareil défectueux, un joint abîmé, un raccord non étanche ou un brûleur usé.
Dans le cas d’une citerne, si l’odeur semble venir de cette zone et que l’accès est sécurisé, le robinet rouge sous le capot peut être fermé pour couper entièrement l’arrivée de gaz. Si le moindre doute existe, mieux vaut s’éloigner et appeler le service compétent.

Quitter les lieux sans attendre
Une fois l’aération lancée et le gaz coupé si possible, il faut sortir du logement. Ne pas rester pour surveiller, sentir de nouveau ou inspecter les appareils. Une fuite de gaz peut provoquer des maux de tête, des nausées, des vertiges, voire un évanouissement ou un coma.
Si ces symptômes diminuent après être sorti, cela renforce l’hypothèse d’un problème lié au gaz.
Les gestes à ne surtout pas faire quand on sent le gaz
Le danger principal vient souvent de l’étincelle ou de la flamme qui transforme une fuite en accident grave. Certains gestes ordinaires deviennent alors très risqués.
Éviter toute source d’étincelle ou de flamme
Il ne faut jamais utiliser de flamme nue ni provoquer d’étincelle. Cela comprend :
- les cigarettes
- les briquets
- les allumettes
- les bougies
Même une odeur légère peut correspondre à une concentration dangereuse dans une pièce peu ventilée.
Ne pas toucher aux interrupteurs, prises ou appareils électriques
Il ne faut pas appuyer sur un interrupteur, allumer la lumière, débrancher un appareil ou manipuler une prise. Sont aussi à éviter :
- le téléphone portable ou fixe à l’intérieur
- le disjoncteur
- l’ascenseur
- la lampe torche
- les volets électriques
Le bon réflexe consiste à sortir d’abord, puis appeler depuis l’extérieur, à distance de la zone suspecte.
Ne pas chercher la fuite soi-même
Localiser une fuite sans matériel adapté expose à un risque inutile. Il ne faut pas démonter un raccord, toucher une canalisation, ni tester l’installation avec une méthode improvisée. La fuite peut venir d’un appareil mal entretenu, d’une soudure défectueuse, d’un joint usé, d’un branchement non étanche ou d’une canalisation extérieure.
Qui appeler en cas d’odeur de gaz ?
Une fois à l’extérieur, l’appel doit être passé rapidement au service adapté. Les numéros varient selon le pays, le type d’installation et le fournisseur.
Le numéro Urgence Sécurité Gaz en France
En France, le numéro de référence pour le réseau de gaz est Urgence Sécurité Gaz de GRDF au 0 800 47 33 33, disponible 24h/24 et 7j/7. Ce service est gratuit, hors prix éventuel de l’appel selon l’opérateur.
Pour certains fournisseurs ou situations spécifiques :
- Primagaz : 0 800 114 477, gratuit, 24h/24 et 7j/7
- Antargaz : numéro sécurité figurant sur la facture
- Belgique, Sibelga / Energuide : 0800 19 400
- Belgique, Fluxys : 0800 65065
En Belgique, si une odeur est perçue dans une habitation, un bâtiment ou dans la rue, les consignes restent les mêmes, aérer, fermer la vanne du compteur si possible, quitter les lieux et appeler le service compétent.
Quand appeler le 18 ou le 112
Le 18 permet de joindre les pompiers en France. Le 112 est le numéro d’urgence général. Il faut les appeler sans attendre si :
- l’odeur est forte et persistante
- une personne se sent mal
- la fuite semble importante
- il existe un risque immédiat d’incendie ou d’explosion
- l’origine de la fuite est inconnue et la situation paraît instable
En présence de symptômes comme des vertiges, des nausées ou des maux de tête, le 112 est une priorité.
Faut-il ouvrir les fenêtres quand on sent le gaz ?
Oui, ouvrir les fenêtres fait partie des premières mesures à prendre. Cette action aide à faire baisser la concentration de gaz dans l’air. Elle est recommandée dans un logement, dans une cuisine, dans une chaufferie ou dans toute pièce équipée au gaz.
Cette aération doit rester manuelle et simple. Il ne faut pas enclencher une ventilation électrique, une hotte ou un système commandé par interrupteur. La ventilation naturelle est la plus sûre dans ce contexte.
Dois-je couper l’électricité en cas d’odeur de gaz ?
Non, pas depuis le logement si cela implique de manipuler un interrupteur, un disjoncteur ou un tableau électrique. Couper l’électricité peut produire une étincelle. C’est pourquoi il ne faut pas toucher aux installations électriques lorsque l’odeur de gaz est présente.
La priorité reste toujours la même, aérer, couper le gaz si possible sans danger, sortir, puis appeler les secours ou le service d’urgence gaz depuis l’extérieur.
Que faire si l’odeur de gaz vient de la cuisine ?
La cuisine est l’un des lieux les plus fréquents en cas d’odeur de gaz, car elle concentre les plaques, gazinières, flexibles, joints et robinets d’alimentation. Une odeur ponctuelle à l’allumage peut signaler un défaut, surtout si elle devient régulière.
Vérifier que les appareils de cuisson sont bien arrêtés
Il faut s’assurer que tous les boutons de cuisson sont bien en position d’arrêt. Une gazinière avec un brûleur vétuste ou un appareil défectueux peut laisser fuir une faible quantité de gaz sans combustion correcte.
Parmi les signes à surveiller :
- flamme irrégulière ou vacillante
- odeur inhabituelle à chaque allumage
- consommation de gaz anormalement élevée
- condensation excessive près de l’appareil
Couper le robinet de gaz de l’appareil ou l’arrivée générale si possible
Si l’odeur semble localisée autour de la plaque de cuisson ou du four, fermer le robinet de gaz de l’appareil est le bon réflexe. Si le doute persiste, couper l’arrivée générale si cela reste faisable en sécurité.
Après aération, si l’odeur disparaît puis revient lors de l’utilisation, l’appareil ne doit plus être utilisé avant le passage d’un professionnel. Un joint défectueux, un raccordement usé ou un défaut de combustion peut être en cause.
Que faire si l’odeur de gaz persiste dehors ou près d’une citerne ?
Une odeur de gaz à l’extérieur, dans le jardin, près d’une conduite ou d’une citerne, est aussi une urgence. Certaines situations peuvent être passagères, comme une livraison de gaz ou une citerne vide qui laisse davantage percevoir l’additif odorant. Si l’odeur persiste, il faut traiter cela comme une fuite potentielle.
S’éloigner de la zone avant de téléphoner
La règle de base consiste à s’éloigner de la zone suspecte avant d’utiliser un téléphone. Il faut aussi tenir à distance toute source inflammable ou électronique, y compris une cigarette ou un ordinateur portable.
Près d’une conduite enterrée, une végétation jaunissante ou morte peut aussi alerter. Un sifflement ou un bruit de souffle près d’une citerne ou d’une canalisation est également un signal sérieux.
Contacter immédiatement le service d’urgence du fournisseur concerné
Pour une citerne Primagaz, le numéro vert est le 0 800 114 477. Pour Antargaz, il faut joindre le numéro sécurité indiqué sur la facture. Les zones de responsabilité peuvent différer :
- sous le capot de la citerne jusqu’au limiteur de pression, cela peut relever du fournisseur
- au-delà, sur certaines canalisations, l’intervention peut relever du plombier chauffagiste
Si l’origine reste floue, couper le robinet sous le capot si cela ne présente pas de danger, puis appeler immédiatement.
Comment savoir si c’est une vraie fuite de gaz ?
Une odeur de gaz n’est pas toujours confirmée immédiatement par une fuite visible. Certains produits pétroliers, carburants ou produits chimiques peuvent ressembler à cette odeur. Malgré cela, la règle reste la même, ne jamais banaliser.
Les signes qui confirment le danger au-delà de l’odeur
Plusieurs indices renforcent le soupçon de fuite :
- odeur marquée de soufre ou d’œuf pourri
- sifflement ou souffle près d’un appareil ou d’une conduite
- consommation de gaz qui augmente sans explication
- flamme instable sur la gazinière
- condensation inhabituelle près d’un appareil à gaz
- végétation abîmée près d’une canalisation enterrée
- maux de tête, fatigue, nausées, étourdissements
Ces signes ne remplacent pas un diagnostic technique, mais ils justifient une réaction immédiate.
Pourquoi il faut appliquer les mêmes consignes même en cas de doute
Une odeur seule suffit à déclencher les bons réflexes. Le gaz naturel n’est pas censé être senti en fonctionnement normal. Même si aucune fuite n’est détectée sur le moment, il peut s’agir d’un problème intermittent, d’un raccord légèrement poreux ou d’un appareil qui fuit seulement dans certaines conditions.
Appliquer les mêmes consignes permet d’éviter de perdre du temps face à un danger réel.
Peut-on rester dans le logement après avoir senti du gaz ?
Non, il ne faut pas rester sur place tant que la situation n’a pas été sécurisée. Après avoir aéré et coupé le gaz si possible, il faut attendre dehors les consignes du service d’urgence ou du professionnel intervenant.
Retourner dans le logement trop tôt est risqué, même si l’odeur semble avoir diminué. Une fuite peut être intermittente ou se trouver dans une zone mal ventilée. La reprise d’occupation doit se faire seulement après avis rassurant du service compétent.
Quand faut-il faire intervenir un professionnel ?
L’intervention d’un professionnel s’impose dès qu’une odeur de gaz a été constatée, surtout si elle revient, si elle se localise près d’un appareil ou si un doute subsiste après aération. Selon l’emplacement, ce peut être :
- le service d’urgence du réseau ou du fournisseur
- un plombier chauffagiste ou installateur
- un technicien mandaté pour une citerne
Un chauffagiste ou installateur doit être contacté lorsque l’odeur semble venir :
- entre la gazinière et la canalisation qui la raccorde
- entre la chaudière et la canalisation qui la raccorde
- sur certaines canalisations extérieures relevant de l’installation privative
Au-delà de l’urgence, certaines mesures réduisent le risque dans la durée :
- faire entretenir chaque année la chaudière gaz par un professionnel certifié
- remplacer les tuyaux souples avant leur date limite
- surveiller l’état des joints et raccordements
- installer un détecteur de gaz près des appareils concernés
- installer un détecteur de monoxyde de carbone
- ne plus utiliser un appareil défectueux tant qu’il n’est pas réparé
La meilleure décision après une odeur de gaz, ce n’est pas de chercher à confirmer seul la panne, c’est de sécuriser les lieux puis faire contrôler l’installation. Ce réflexe évite les accidents, mais permet aussi de repérer un flexible en fin de vie, un brûleur usé ou un raccord défaillant avant qu’un incident plus grave ne survienne.





